Hit man n’est pas un mauvais film, pas mauvais du tout même. La réalisation est moyenne, mais les acteurs sont investis, ils portent le film par leur jeu, (mention pour les deux acteurs principaux Glen Powell et Adria Arjona), il y a des moments drôles c’est vrai, et puis, il y a une intrigue tout de même et quelques parallèle avec Nietzsche et Freud qui sont toujours bon à prendre.
Cependant… le film est… hautement immoral.
Il manque un moment final dit du « rattrapement de la justice » qui aurait épaissi le caractère de suspense et de dramatique rajoutant ainsi plus de relief au film.
Il y a crime... mais pas de châtiment…
Le film aurait pu assumer le choix de cette fin amorale… un peu comme dans Arlington Road, terrible film de Mark Pellington sorti en 1999, mais on serait alors sorti du registre comique et d’une fin guillerette.
Et c’est visiblement ça le problème, la commande initiale des producteurs était selon toute vraisemblance de faire une comédie légère. Mais il fallait des intrigues pour du twist, et donc des meurtres. Le choix de Richard Linklater a visiblement été de faire dominer le registre comique là où le tragique et le pacte faustien fait une entrée fracassante et aurait dû déclencher une longue amorce de culpabilité des héros, de sentiment de doute, puis de trahison des collatéraux amis, et faire sentir l’étau du destin s’abattre sur les protagonistes (car tel est notre réalité en somme).
Hit man vous offrira donc une scène où les deux protagonistes commencent à s’émoustiller pendant que le « méchant », dans la même pièce, à 2 mètres s’il vous plaît, qui n’a commis d’autre crime que de vouloir se faire acheter son silence, fini étouffé dans un sac plastique… après de longues sacades...Alors Richard Linklater ! Dis donc, sous couvert de comédie sympa tu nous as lâché une scène d’un cynisme tout particulier.
L’amoralité pourtant n'est pas assumé… mais nié. Nié par les acteurs, nié par l’atmosphère sonore, nié par la réalisation. Et pourtant, il aurait fallu juste rajouter une scène… un regard de Glen Powell, pendant qu’il explique quelques chose sur son identité dans sa salle de classe, juste une image où on le verrait bafouiller, où douter sur ce qu’il dit, ou… qu’il soit un peu moins bon, ou moins beau, les yeux un peu plus dans le vague une fraction de seconde, un aveu inconscient que, merde, il a laissé mourir un homme.
Alors on se demande, nous téléspectateurs, si les parents, quand leurs enfants se demanderont comment ils sont nés, oseront dire qu’ils ont été conçus pendant qu'un mec agonisait dans un sac plastique fixé à sa tête à deux mètres d'eux.
Bref, un film pris entre deux genres qui n’a pas fait le bon choix, en tout cas pas celui de la crédibilité, de une, et encore moins celui de la moralité.
Mérite d’être vu, mais à prendre avec des pincettes donc.