Cette magnifique couverture ne pouvait qu'attirer l’œil du féru de 9ème art que je suis. La quatrième de couverture, de son côté, augurait intrigues de cours et conciliabules pour le devenir du royaume. Pensez donc, des animaux anthropomorphes qui risquent de s'entre déchirer pour la succession au trône du vieux roi valétudinaire.
Si l'on a déjà lu cela dans des romans, c'est beaucoup plus rare en bande dessinée, à plus forte raison avec des races animalières. Le dessin expressif de Jérôme Lereculey parvient à éviter les écueils de ce genre car il n'est point aisé d'octroyer aux bêtes des expressions humaines. On songe immédiatement à Blacksad, Solo ou, dans une moindre mesure, à De cape et de Crocs. Toujours est-il que le résultat est là et la qualité indéniable.
Cinq terres abritent des races différentes qui se maintiennent dans une paix relative. Le trépas à venir du souverain pourrait remettre en question ce fragile équilibre. D'autant que l'héritier putatif n'est pas réputé pour sa tempérance. La fille aînée du roi, fort inquiète de cet avenir orageux, ourdit un plan bien incertain. Tout pourrait basculer dans la dissension en peu de temps car les prétendants ont les crocs.
Tome d'introduction par excellence, De toutes mes forces pose les bases de ce monde, de ses acteurs et des forces en présence. Il parvient, grâce au brio du scénariste, Lewelyn, à imposer un rythme qui captive le lecteur. On ne peut s'empêcher de songer au Trône de fer, tant les intrigues de cour évoquent ce succès planétaire. Mais le particularisme de ce récit invite à suivre les suites qui, on ne peut que l'espérer, seront de la même griffe.